- Translittération : Masjid al-Sayyid Hāshim
- Arabe : مسجد السيد هاشم
Localisation
Coordonnées (WGS84) : 31°30’28.8″N, 34°27’48.0″E

Localisation de la Mosquée al-Sayyid Hāshim (Image satellite du 01/11/2023 – ESRI World Imagery).
Localiser le site n°54 sur la carte interactive.
Description du site avant le 7 octobre 2023
La mosquée al-Sayyid Hāshim est l’une des plus importantes de Gaza après la mosquée al-ʿUmarī, qui se situe comme elle dans le quartier al-Daraj[1]. Elle doit son nom à Hāshim b. ʿAbd Manāf, l’arrière-grand-père du prophète Muḥammad. Les sources arabes médiévales rapportent que Hāshim est décédé à Gaza au cours d’une expédition commerciale, et y a été enterré. La mosquée a été construite à l’emplacement supposé de sa sépulture, dans un espace surmonté d’une coupole, qui se trouve dans l’angle nord-ouest du site actuel[2].
Une mosquée avait été bâtie à cet emplacement probablement dès l’époque mamelouke. Celle que nous connaissons aujourd’hui a été édifiée en 1850 sur ordre du sultan ottoman ʿAbd al-Majīd Ier (r. 1839-1861), à l’instigation du muftī de Gaza, Aḥmad Muḥyi al-Dīn al-Ḥusaynī, qui a également mobilisé les notables de la ville pour qu’ils contribuent au financement de cette construction[3]. Cette fondation est à replacer dans le contexte du retour de Gaza dans le giron ottoman, après son bref passage sous domination égyptienne (1831-1840), et a alors contribué à raviver le patriotisme local[4]. La construction s’est faite en partie grâce au remploi d’éléments récupérés dans les ruines d’édifices byzantins, mamelouks ou moins anciens, notamment des colonnes de marbre et des chapiteaux corinthiens[5]. D’une surface de 2 400 m2, la mosquée comprend quatre ailes réparties autour d’une cour centrale, dont trois abritent des galeries soutenues par des colonnes, et sont surmontées de coupoles[6].
La mosquée est devenue un important centre d’enseignement au cours du XIXe siècle, se dotant d’une bibliothèque abritant une collection de manuscrits, dispersée durant la Première Guerre mondiale[7]. Elle a fait l’objet de plusieurs rénovations (notamment en 1860, 1892, 1903)[8]. Elle a subi d’importants dégâts lors de la prise de la ville par les troupes britanniques menées par le général Allenby (1917)[9], et fut reconstruite au début des années 1920.
La mosquée avait été rénovée en 2009 par le ministère palestinien des Waqfs et des Affaires religieuses[12]. La dernière restauration est celle qui a été conduite par la famille al-ʿAlamī en 2018[13].
Description du site après le 7 octobre 2023
Bien que plusieurs sources évoquent la destruction de la mosquée en octobre ou décembre 2023[10], un documentaire diffusé par al-Jazeera en mars 2025 permet de constater que les dégâts subis sont relativement limités. Le muezzin et employé de la mosquée Maher Hashim Barghout indique que les frappes ont endommagé des panneaux solaires et des réservoirs d’eau, et causé d’autres dégâts légers[11].
En octobre 2025, la mosquée est réouverte au public.
Sources bibliographiques
- Al-ʿĀrif, ʿĀrif, Taʾrīkh Ghazza, Jérusalem, 1943.
- Büssow Johann, « Gaza », Encyclopaedia of Islam Three Online.
- Sadeq Mohamed-Moain, « L’architecture musulmane de Gaza et les arts appliqués », dans Marc-André Haldimann, Jean-Baptiste Humbert, Marielle Martiniani-Reber, Mohamed-Moain Sadeq, Hamdan Taha (dir.), Gaza à la croisée des civilisations. Contexte archéologique et historique, Chaman éditions, 2007, p. 200-211.
- Sadeq Mohamed-Moain, « Gaza, art and architecture », Encyclopaedia of Islam Three Online [EI3]
- Sharon Moshe, Corpus Inscriptionum Arabicarum Palaestinae, vol. 4 : – G –, Leyde, Brill, 2009.
- Al-Ṭabbāʿ ʿUthmān Muṣṭafā, Itḥāf al-aʿizza fī taʾrīkh Ghazza, éd. ʿAbd al-Laṭīf Zakī Abū Hāshim, Gaza, Maktabat al-Yāzijī, 1999, 4 vol.
Sources iconographiques avant le 7 octobre 2023

Plan, d’après N. Almughany, al-Turāth al-miʿmārī fī madinat Ghazza [The Architectural Heritage of Gaza], Rāmallah, Riwāq – al-Markaz al-miʿmār al-shaʿbī [Riwaq – Popular Architecture Centre], 2007, p. 80.

Plan, d’après N. Almughany, al-Turāth al-miʿmārī fī madinat Ghazza [The Architectural Heritage of Gaza], Rāmallah, Riwāq – al-Markaz al-miʿmār al-shaʿbī [Riwaq – Popular Architecture Centre], 2007, p. 80.

La mosquée en 1900. © Historical Database Gaza.

La mosquée entre (1855-1857 et 1869-1870). © Historical Database Gaza.

La mosquée entre (1855-1857 et 1869-1870). © Historical Database Gaza.

Cour intérieure de la mosquée, février 2008. © Eugénie Rébillard.

Minaret, février 2008. © Eugénie Rébillard.

Minbar et miḥrāb de la mosquée, février 2008. © Eugénie Rébillard.

Tombeau considéré comme lieu de sépulture de Hāshim b. ʿAbd Manāf, février 2008. © Eugénie Rébillard.
D’autres photos sont disponibles sur les sites Gaza Historical Database et Mosques of the World.
Sources iconographiques après le 7 octobre 2023 (vidéo)

Source : Documentaire d’al-Jazeera diffusé en mars 2025.

Source : Documentaire d’al-Jazeera diffusé en mars 2025.

Réouverture de la mosquée au public en octobre 2025, sur al-Jazeera/youtube.
[1] M.-M. Sadeq, « L’architecture musulmane de Gaza et les arts appliqués », dans M.-A. Haldimann, J.-B. Humbert et alli (dir.), Gaza à la croisée des civilisations. Contexte archéologique et historique, Chaman éditions, 2007, p. 209.
[2] Ibid. D’autres lieux revendiquent cependant d’avoir été construits là où a été enterré Hāshim, comme par exemple le mazār du Shaykh Riḍwān (Sharon, p. 17).
[3] Al-Ṭabbāʿ, Itḥāf al-aʿizza fī taʾrīkh Ghazza, Gaza, Maktabat al-Yāzijī, 1999, vol. 2, p. 161 ; al-ʿĀrif, Taʾrīkh Ghazza, Jérusalem, 1943, p. 337-338.
[4] J. Büssow, « Gaza », Encyclopaedia of Islam Three Online.
[5] M.-M. Sadeq, « L’architecture musulmane de Gaza et les arts appliqués », op. cit., p. 209 ; al-Ṭabbāʿ, Itḥāf al-aʿizza fī taʾrīkh Ghazza, op. cit., vol. 2, p. 161.
[6] M.-M. Sadeq, « L’architecture musulmane de Gaza et les arts appliqués », op. cit., p. 209.
[7] Al-Ṭabbāʿ, Itḥāf al-aʿizza fī taʾrīkh Ghazza, op. cit., vol. 2, p. 162-163.
[8] M. Sharon, Corpus Inscriptionum Arabicarum Palaestinae, vol. 4 : – G –, Leyde, Brill, 2009, p. 34 ; M.-M. Sadeq, « Gaza, art and architecture », EI3.
[9] al-ʿĀrif, Taʾrīkh Ghazza, op. cit., p. 338 ; M.-M. Sadeq, « L’architecture musulmane de Gaza et les arts appliqués », op. cit., p. 210. Max van Berchem affirme que des pierres de la mosquée Sanjar al-Jāwlī auraient été utilisées pour reconstruire la mosquée de Sayyid Hāshim après les destructions subies au cours de la Première Guerre mondiale (cité par Sharon, p. 85).
[10] Voir le deuxième rapport ICOMOS en date du 19 décembre, ainsi que les articles du Middle East Monitor, de Hamdan Taha sur le site du CAREP, d’Al-Jazeera ou encore du journal égyptien al-Watan.
[11] Voir à partir de 2’16’’.
[12] https://www.aljazeera.net/encyclopedia/2024/1/6/آثار-تاريخية-دمرها-العدوان
[13] Rapport ICOMOS n° 2 (https://palestine.icomos.org/reports/report2-2/).
Gaza Histoire vous propose de citer ce billet de la manière suivante :

