- Arabe :دار الشوا
- Translittération : Dār al-Shawwā
Localisation
La demeure se situe dans le quartier de Shajāʿiyya, quartier au sud-est de Gaza, dans la rue Qazdamrī (qui a pris par la suite le nom de rue al-Shawwā).
Coordonnées (WGS84) : 31°30’01.6″N , 34°28’05.7″E

Localisation de la Maison al-Shawwā (Image satellite du 01/11/2023 – ESRI World Imagery).
Localiser le site n°11 sur la carte interactive.
Description du site avant le 7 octobre 2023
La maison al-Shawwā était la demeure de Saʿīd Efendi al-Shawwā, un riche homme d’affaires qui fut maire de Gaza de 1906 à la fin de la Première Guerre mondiale.
C’est au milieu du XIXe siècle que Khalīl al-Shawwā grand-père de Saʿīd b. Muhammad al-Shawwā (1868-1930) – également connu sous le nom de Saʿīd Efendī al-Shawwā, principal représentant de la famille al-Shawwā –, décida de s’installer durablement au sein du quartier de Shajāʿiyya, à l’écart des élites qui résidaient principalement dans le quartier de Daraj et de ses alentours. À la fin du XIXe siècle, ce quartier était décrit dans les sources historiographiques comme séparé des autres quartiers de Gaza et notamment ceux du nord-ouest. En 1905, Gaza était essentiellement divisée en quatre quartiers : Tuffāḥ, Zaytūn, Shajāʿiyya et al-Daraj. Le quartier de Shajāʿiyya dénotait avec les autres quartiers car il était plus petit et se situait essentiellement dans un environnement rural.
Les Shawwā faisaient alors partie des sept grandes familles de notables de Gaza et qui se partageaient le pouvoir politique. L’un des membres de cette famille, Sālih al-Shawwā, dirigeant de la guilde des bouchers, est l’un de ceux qui a le plus contribué à leur ascension dans la seconde moitié du XIXe siècle. D’abord opposé à l’Empire ottoman, la famille Shawwā fit volte-face entre 1893 et 1897 afin de soutenir l’Empire ottoman face à l’avancée des Britanniques dans cette zone géographique. C’est notamment grâce à ce soutien que la famille acquit le titre honorifique « Efendi ».
Khalil Al-Shawwa y construisit son bastion, une grande demeure, et rénova la mosquée Qazdamrī (également appelée plus tard mosquée al-Shawwā – voir fiche n° 41) située à proximité. À partir des années soixante, la demeure des al-Shawwā a été transformée en une madāfa (maison d’hôtes). Chaque membre du voisinage pouvait venir y apprécier et profiter des espaces offerts par cette maison. La demeure des al-Shawwā était ainsi devenue une bouffée d’air frais au sein du quartier.
Les descendants de la famille al-Shawwā jouèrent un rôle important dans la vie politique et culturelle de Gaza mais aussi comme soutien à la cause palestinienne. Comme en 1978 lorsque leur demeure abrita la rencontre « secrète » entre l’ancien président des États-Unis Jimmy Carter et Rashād al-Shawwā.
La maison al-Shawwā est l’exemple type de la maison traditionnelle arabe avec une cour centrale autour de laquelle étaient disposés la cuisine, le hammam, la librairie, la pièce des invités, un iwan et deux chambres, un petit jardin, le tout répartis sur trois niveaux.
La demeure offrait à la fois de l’intimité par l’organisation d’espaces clos comme les chambres et la salle de bain situées au second niveau et d’espaces festifs et de rassemblement avec l’iwan et la pièce de réception au rez-de-chaussée. Entre les deux étages se trouvait un niveau intermédiaire offrant une chambre à coucher avec un plafond relativement bas. Des décorations mettaient la demeure en valeur notamment autour des fenêtres et des portes. Des voûtes en berceau et en croisée d’ogives reposant sur d’épais murs de pierre. Le sol est recouvert de carreaux de pierre blanche, joints de ciment noir. Deux vignes soutenues sur des treillis créaient des espaces ombragés dans la cour et un grand palmier se dressait au centre. La plupart des activités se déroulaient au rez-de-chaussée. Le jardin contenait en outre un potager qui permettait de subvenir aux besoins de la famille en fruits et légumes frais quotidiens. Nabil Al Shawwa, l’un des descendants de la famille, avait émis dans les années 2000 le souhait de voir un jour leur demeure devenir un jardin public au sein duquel le voisinage pourrait y venir, un espace culturel où les enfants de Gaza pourraient s’y épanouir et y reprendre leur souffle.
Sources bibliographiques
- Khasawneh Diala, Memoirs Engraved in Stone : Palestinian Urban Mansions / Diala Khasawneh ; Photographs by Mia GröNdahl ; Drawings by Firas Rahhal, Riwaq-Centre for Architectural Conservation, Institute of Jerusalem Studies, 2001.
- Ben-Bassat Yuval, Buessow Johann, « Applying Digital Methods to the Study of a Late Ottoman City. A Social and Spatial Analysis of Political Partisanship in Gaza ». Journal of the Economic and Social History of the Orient, vol. 63, no 4, juin 2020, p. 505-554.
- Ben-Bassat Yuval, Buessow Johann, « Urban Factionalism in Late Ottoman Gaza, c. 1875-1914. Local Politics and Spatial Divisions », Journal of the Economic and Social History of the Orient, vol. 61, no 4, mai 2018, p. 606-649.
Sources iconographiques avant le 7 octobre 2023
Les photos sont sous le statut copyright RIWAQ, 2001 – ISBN 0-88728-279-2 – All rights reserved.

Plan de situation (14) dans le quartier de Shajāʿiyya.


Plan du rez-de-chaussée.

Escalier menant au niveau supérieur de la maison.

Cour centrale.

Saʿīd Khalîl al-Shawwā, 1906-1917.

Saʿīd al-Shawwā et ses deux fils dans le jardin de sa maison.

Rencontre entre le président des États-Unis Jimmy Carter et Rashad Al- Shawwa à Dar al-Shawwa en 1978.
Gaza Histoire vous propose de citer ce billet de la manière suivante :

