Mosaïques d’al-Burayj

Publié le 21 mars 2025 — Mis à jour le 9 octobre 2026
  • Translittération : Fusayfusāʾ al-Burayj
  • Arabe : فسيفساء البريج

Localisation

Le site se développe au lieu-dit Est-Bureijh, à 1,1 km de la limite est de la bande de Gaza, à 160 m au sud de l’un des méandres du Wādī Ghazza, à 4,8 km à l’est du monastère de Saint-Hilarion .

Coordonnées (WGS84) : 31°25’56.0″N, 34°24’49.1″E

mosaïques d'al burayj 2023

Localisation des Mosaïques d’al-Burayj (Image satellite du 01/11/2023 – ESRI World Imagery).

Localiser le site n°77 sur la carte interactive.

Description du site avant le 7 octobre 2023

Ces mosaïques faisaient partie d’un complexe ecclésiastique mis au jour par un fermier au courant du printemps 2022 lors de l’excavation de fosses de plantation d’arbres fruitiers (oliviers, citronniers, etc.). Les vestiges s’étendent sur plus de 3 500 m2. À la demande du Département des Antiquités de Palestine, une opération d’identification et de pérennisation des vestiges a été engagée par l’équipe Intiqal entre les mois d’octobre et novembre 2022 avec le soutien de l’UNESCO et du British Council. Les vestiges ont été datés par le mobilier archéologique associé du début de la période byzantine jusqu’aux conquêtes musulmanes, c’est-à-dire entre les Ve et VIIIe siècles. Les vestiges révélés apparaissent entre 0,60 m et 0,80 m de profondeur. Les investigations archéologiques ont également permis de déterminer que les vestiges se développent dans un rayon d’une cinquantaine de mètres à la périphérie du secteur dans lequel ont été mis au jour les pavements.

Cinq tapis de mosaïque aux décors polychromes ont été révélés sur le site. Leur organisation géométrique générale et leur répartition dans le bâtiment se font suivant un tracé qui aboutit sur un motif circulaire aménagé dans le tapis vraisemblablement central du monument. Le pavement le plus largement dégagé est situé au sud. Il a pour dimensions (reconnues) 3,90 m de largeur sur 13 m de longueur. Il se développait dans ce qui peut être considéré comme la nef latérale sud d’une église. Il est constitué par une trame orthogonale comprenant 68 cases de 0,50 m de côté dans lesquelles ont été aménagés des panneaux quadrangulaires illustrés par des animaux sauvages et domestiques. Les panneaux sont organisés par groupe de quatre et disposés en dix-sept rangées avec une alternance par rang, de mammifères et de volatiles.

Cette iconographie, allégorie de la Création, est un merveilleux témoin de la faune qui vivait dans la région du Wādī Ghazza au courant de l’Antiquité tardive. Les sujets et motifs sont rehaussés de lignes de tesselles noires. Les représentations sont ainsi renforcées et dynamisées. Les matériaux utilisés sont de la pierre calcaire pour les blancs, rouges, roses, orangés, bruns, du marbre pour les gris et les bleus clairs, de la terre cuite pour certains rouges vifs. Les couleurs jaune, verte et bleu foncé proviennent de pâtes de verre. Environ 40 % des panneaux ont vraisemblablement été détériorés, volontairement martelés à une période qui reste actuellement indéterminée. Il est probable qu’une inscription clôt le tapis à son extrémité est. Les futurs dégagements permettront de le vérifier.

En octobre-novembre 2022, une intervention d’évaluation et de pérennisation des vestiges du site (opération soutenue par le British Council et l’Unesco) a eu lieu.

Description du site après le 7 octobre 2023

Le site est actuellement rendu inaccessible car situé dans le no man’s land mis en place par l’armée israélienne (mars 2025), aucune vérification terrestre n’est donc possible. Les quelques vues satellites disponibles montrent que l’oliveraie qui se développait à sa périphérie a été totalement détruite. Ces clichés font apparaître que les protections mises en place sur les pavements en 2022 n’ont pas été déplacées. Cependant, le site est beaucoup plus vaste et il ne s’agit là que de sa partie centrale. Il est fort probable que les engins mécaniques utilisés pour la destruction de l’oliveraie aient ponctuellement atteint les niveaux archéologiques les moins profondément enterrés.

Une intervention d’urgence est prévue dès que le statut de no mans land sera levé. L’opération sera menée par l’équipe Intiqal avec le soutien du British Council.

Sources bibliographiques

  • Elter René, « Gaza, transmission et nouvelles dynamiques de la recherche archéologique : les premiers résultats », Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Institut de France, 2025 sous presse.
  • Elter René, Al-Utol Fadel, « Les lieux de l’archéologie de Gaza, sites indissociables du développement de l’initiative Intiqal », dans René Elter (dir.), Gaza : comment transmettre le patrimoine, le programme Intiqal, Paris, Riveneuve, 2025, p. 108-111.
  • Elter René, « Gaza, à la croisée de l’histoire », Archéologia, n° 635, octobre 2024, p. 46-53.
  • Report. Damage and Risk Assessment of Cultural Heritage under Attack in the Gaza Strip compiled by Centre for Cultural Heritage Preservation, janvier 2025, p. 377-378.

Sources iconographiques avant le 7 octobre 2023

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Nettoyage du pavement sud, vue vers le sud-ouest. © R. Elter/PUI 2022.

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Vue de détail sur quatre panneaux du pavement (canard, chien, lièvre et flamand rose). © R. Elter/PUI 2022.

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