Mosquée ʿAlī b. Marwān

Publié le 9 juillet 2026 — Mis à jour le 8 septembre 2026
Voir aussi les fiches sur le mausoléE et le cimetière de la Mosquée ʿAlī b. Marwān.
  • Arabe :  مسجد علی ابن مروان
  • Translittération : Masjid ʿAlī b. Marwān
  • Autres dénominations : Mausolée du cheikh

Localisation

Ville de Gaza, dans le quartier al-Tuffāḥ, à l’entrée de la route entre Gaza et Jaffa. La mosquée est située dans la partie orientale d’un vaste cimetière appelé « cimetière de la mosquée ʿAlī b. Marwān ».

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Source : Géomolg – image satellite 10 janvier 2024. Cartographie : S. Haule, CNRS, Géographie-Cités, janvier 2025.

Description avant le 7 octobre 2023

Cette mosquée, fondée au début du XIVe siècle, tire son nom du cheikh ʿAlī b. Marwān, une personnalité religieuse de Gaza pendant la période mamelouke. D’après un document de waqf conservé à Istanbul, la mosquée fut le lieu de vie (zāwiya) du cheikh ʿAlī b. Marwān jusqu’à sa mort survenue en 1316[1]. Son mausolée est situé à une distance d’une dizaine de mètres au sud-ouest de la mosquée actuelle. Il fait partie du cimetière historique connu sous le nom Maqbarat ʿAlī b. Marwān.

La mosquée se compose d’une salle de prière de 200 m2 divisée en trois nefs par des colonnes de marbre dont les chapiteaux corinthiens ont été réutilisés ; chaque nef est divisée en neuf voûtes couvertes par des dômes peu profonds. À droite du mihrab se trouvait un minbar en marbre daté du XIVe siècle. Le minaret s’élève à 11,60 m du côté sud de la mosquée. Après la Première Guerre mondiale, un cheikh de Gaza, ʿUthmān al-Ṭabbāʿ (m. 1950), a fait restaurer les murs, le toit et le minbar de la mosquée[2]. L’administration des waqfs de Gaza a fait agrandir la mosquée en faisant construire au sud de la salle de prière une nouvelle salle. Dans la cour, il y avait un espace protégé par une barrière en bois pour que les femmes puissent prier[3] et, selon al-ʿĀrif, c’était la seule mosquée où les femmes pouvaient participer à la prière du vendredi[4].

On ne connaît pas la date précise de la construction de cette mosquée car il n’y a pas d’inscription de fondation. Néanmoins, des informations sur l’histoire de la mosquée sont à tirer des trois inscriptions qui y sont gravées. Les deux premières inscriptions sont d’époque mamelouke, la troisième date de l’époque ottomane. La première inscription (0,70 m de longueur et 0,23 m de largeur) est située sur le linteau de la porte du minaret[5]. Elle est aujourd’hui recouverte de ciment si bien qu’on ne peut plus la lire. Elle existait à l’époque d’al-Ṭabbāʿ qui la mentionne dans son livre sur l’histoire de Gaza. D’après une photo de cette inscription, prise avant 1931, le minaret et la porte ont été rénovés en 1370-1371 par un certain Muḥammad b. Baktamur. Il a également agrandi les iwans de la salle de prière et construit six magasins[6]. D’après l’inscription, les revenus des boutiques couvraient le salaire du muezzin et de l’imam de la mosquée. Une autre partie des revenus était affectée à l’entretien du mausolée du cheikh ʿAlī b. Marwān[7]. La seconde inscription mamelouke (1,09 m de longueur et 0, 22 m de largueur) a été gravée sur le linteau de l’entrée du minbar[8]. Elle indique qu’un chambellan (ḥājib) appelé Shamsī Safar a fait construire ce minbar en marbre. Selon al-Ṭabbāʿ[8], qui ne cite pas ses sources, un émir du nom de Safar était en poste à Gaza en 1297. Néanmoins, cette inscription ne peut pas résoudre le problème de la datation de la construction de la mosquée. En effet, les mosquées n’ont pas forcément été dotées d’un minbar dès leur fondation, mais parfois plus tard. Sur le linteau de l’entrée de la mosquée, figure la troisième inscription, d’époque ottomane. Elle indique que le bâtiment a été rénové en 1802 par l’émir Yaḥyā qui était gouverneur de Gaza[9].

Cette mosquée est richement décorée par des éléments d’époque mamelouke. Le minaret, construit en pierre calcaire, repose sur une base carrée. Son fût octogonal présente des évidements qui portent de nombreux arcs décorés de sculptures végétales et géométriques. La galerie du minaret est également octogonale et repose sur des consoles en pierre[10]. Cependant, l’élément le plus précieux de la mosquée était son minbar en marbre orné de motifs géométriques et d’arabesques. Le siège de l’imam qui prononçait le prône du vendredi (khaṭīb) était recouvert d’une coupole pointue en forme d’ogive, richement décorée à l’extérieur par des ornements géométriques et végétaux. Sur le côté sud du linteau était gravée l’inscription avec le nom de l’artisan qui a fabriqué le minbar, Khalīl al-Maṭarī[11]. Ce minbar n’existait déjà plus avant les destructions de 2023.

L’origine de la famille du cheikh ʿAlī b. Marwān, dont le mausolée fait partie de cet ensemble architectural, remontait à Ḥusayn b. ʿAlī b. Abī Ṭālib, le petit-fils du Prophète Muḥammad. Le père de ʿAlī b. Marwān était né en 1233 à Séville. Après la mort de son père en 1299, ʿAlī et ses frères se sont rendus en Égypte puis à Gaza[12]. Le mausolée du cheikh, situé au sud-ouest de la mosquée actuelle, mesure entre 4,50 m et 3,90 m. La transition entre le plan carré et l’arrondi de la coupole est assurée par des pendentifs dans les angles. Il est recouvert d’une coupole d’une hauteur de 1,60 m. La porte est située dans le mur nord. Le tombeau en pierre mesure 1,40 m de long, 0,65 m de large et 0,43 m de hauteur, avec un petit fronton en marbre. La formule « Il n’y a de dieu que Dieu » figure dans une inscription qui donne la date de la mort de ʿAlī b. Marwān, le lundi 17 dhū al-qaʿda 715/12 janvier 1316[13]. D’après le document de waqf conservé à Istanbul, un de ses disciples avait donné en biens de mainmorte plusieurs parcelles de terre, des jardins et une maison située dans le quartier des Kurdes à Gaza en faveur de la zāwiya de ʿAlī b. Marwān[14]. Le mausolée a été visité au début du XVIIIe siècle par le cheikh soufi de Damas, ʿAbd al-Ghanī al-Nābulsī (1641-1731), lors de son voyage à Gaza[15]. Cette visite pieuse au tombeau de ʿAlī b. Marwān témoigne de la considération dont ce dernier jouissait plusieurs siècles après sa mort parmi la communauté des savants en sciences religieuses.

Etat du site après le 7 octobre 2023

La partie nord-ouest de la mosquée et une partie du cimetière ont été détruites le 27 octobre 2023 par l’armée israélienne. En février 2025, des familles dont les habitations ont été détruites ont installé leurs tentes sur la partie du cimetière saccagée. En décembre 2025, le mihrab était encore intact et la mosquée était utilisée.

Sources bibliographiques

  • al-ʿĀrif, ʿĀrif, Taʾrīkh Ghazza, Dār al-Aytām, al-Quds, 1943.
  • Kaḥḥāla, ʿUmar Riḍā, Muʿjam al-muʿallifīn, Damas, al-Maktabat al-ʿarabiyya, 1957-1961, 15 vol.
  • Khalidi, W.A.S., « ʿAbd al-Ghanī b. Ismāʿīl al-Nābulsī », Encyclopédie de l’Islam, 2e éd., vol. I, p. 62.
  • Sadek, Mohamed-Moain, Die mamlukische Architektur der Stadt Gaza, Klaus Schwarz Verlag, Berlin, 1991.
  • Sharon, Moshe, Corpus Inscriptionum Arabicarum Palestinae (CIAP), Leyde, Brill, 2009, vol. 4.
  • al-Ṭabbāʿ, ʿUthmān, Itḥāf al-aʿizza fī taʾrīkh Ghazza, Maktabat al-Yāzijī, Gaza, 1950, 2 vol.

Sources iconographiques avant le 7 octobre 2023

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Intérieur de la mosquée avec le mihrab et le minbar.
https://explore.museumwnf.org/itineraries/c-pa/i-69/si-78/m-823/lan-en/tab-directions

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Photos du minaret de la mosquée dans M. Sadek, Die mamlukische Architektur der Stadt Gaza, p. 547, n° 113.

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Photos du minaret de la mosquée dans M. Sadek, Die mamlukische Architektur der Stadt Gaza, p. 547, n° 114.

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Minaret de la mosquée ʿAlī b. Marwān.
https://w.wiki/CZ3R

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Détails du minaret dans M. Sadek, Die mamlukische Architektur der Stadt Gaza, p. 548, n° 115 et 116.

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Inscription mamelouke indiquant la date de la restauration du minaret par Muḥammad b. Baktamur en 1370-1371.
https://explore.museumwnf.org/itineraries/c-pa/i-69/si-78/m-823/lan-en/tab-directions

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Plan de la mosquée et du mausolée, dans M. Sadek, Die mamlukische Architektur der Stadt Gaza, p. 545.

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Coupe de la mosquée, dans M. Sadek, Die mamlukische Architektur der Stadt Gaza, p. 546.

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Le mausolée et la tombe du cheikh ʿAlī b. Marwān (Thaqalayn TV https://www.youtube.com/watch?v=4DRwrELlqaw)

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Le cimetière adjacent (https://www.youtube.com/watch?v=4DRwrELlqaw)

Sources iconographiques après le 7 octobre 2023

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La mosquée le 12 décembre 2025. Compte instagram du journaliste Asem Alnabih, AlAraby TV.

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L’intérieur de la mosquée le 12 décembre 2025. Compte instagram du journaliste Asem Alnabih, AlAraby TV.

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Le mihrab de la mosquée le 12 décembre 2025. Compte instagram du journaliste Asem Alnabih, AlAraby TV.

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Le cimetière de la mosquée le 27 octobre 2023. Genocide in Gaza

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Le cimetière de la mosquée le 12 décembre 2025. Compte instagram du journaliste Asem Alnabih, AlAraby TV.

Source vidéo

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Reportage du 16 février 2025 d’Al-Jazeera sur l’installation des tentes des réfugiés après destruction du cimetière. https://www.youtube.com/watch?v=7XqNCC7UtTc


[1] Sadek, p.125

[2] al-Ṭabbāʿ, p. 165.

[3] Ibid.

[4] al-ʿĀrif, p. 342.

[5] Sadek, n° 2 p. 126.

[6] Sadek, p. 113.

[7] Sadek, p. 126.

[8] al-Ṭabbāʿ, p. 165.

[9] Sadek, n° 4, p. 128.

[10] Sadek, p. 119-120.

[11] Sadek, p. 117-118.

[12] Sadek, p. 115.

[13] Sadek, p.122.

[14] Sadek, p. 125.

[15] Sadek, p. 122, Khalidi, p. 62, Kaḥḥāla, vol. 2, p. 176-178.

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