Université al-Aqṣā

Publié le 28 mai 2026 — Mis à jour le 23 octobre 2026
  • Translittération : jāmiʿat al-aqṣā
  • Arabe : جامعة الأقصى
  • Autres dénominations : Al-Aqsa University

Localisation

Coordonnées (WGS84) : 31°30’40.5″N, 34°26’26.5″E

Localiser le site n°95 sur la carte interactive.

Description du site avant le 7 octobre 2023

L’histoire de Jāmiʿat al-Aqṣā s’inscrit dans le cadre des transformations éducatives de la bande de Gaza à partir de la seconde moitié du XXe siècle. En 1955, sous administration égyptienne, est créé un institut de formation des enseignants (maʿhad taʿlīm al-muʿallimīn, معهد تعليم المعلمين), destiné à répondre aux besoins croissants en personnel éducatif dans un territoire en forte croissance démographique[1]. Ce dispositif constitue le noyau initial d’un processus d’institutionnalisation progressive de l’enseignement supérieur. En 1991, cet institut évolue en collège d’éducation (kulliyyat al-tarbiya, كلية التربية), traduisant une première structuration académique plus large. L’établissement obtient finalement le statut universitaire en 2001, devenant officiellement Jāmiʿat al-Aqṣā (جامعة الأقصى), intégrée au système palestinien de l’enseignement supérieur[2].

Au cours des années 2000 et 2010, l’université se développe progressivement et se structure autour de plusieurs facultés principales, notamment la faculté des sciences (kulliyyat al-ʿulūm, كلية العلوم), la faculté des lettres (kulliyyat al-ādāb, كلية الآداب), la faculté d’éducation (kulliyyat al-tarbiya, كلية التربية) et la faculté d’économie et d’administration (kulliyyat al-idāra wa-l-iqtiṣād, كلية الإدارة والاقتصاد). À la veille du 7 octobre 2023, selon le site officiel de l’université, celle-ci comptait environ dix facultés[3].

L’université accueillait alors environ 27 000 étudiants, ce qui en faisait l’un des principaux pôles universitaires de Gaza, tant en termes de formation que de production de cadres administratifs et éducatifs[4]. Le nombre de personnels académiques était de 396, tandis que le nombre de personnels administratifs s’élevait à 320, tous deux répartis dans l’ensemble des facultés de l’université.

Contrairement à la période postérieure à octobre 2023, l’université al-Aqṣā n’a pas subi de destruction massive documentée de ses infrastructures principales avant cette date. Toutefois, son fonctionnement s’inscrit dans un contexte de dégradation structurelle progressive du système éducatif de Gaza, lié principalement au blocus illégal imposé depuis 2007. Les établissements universitaires de Gaza, dont Jāmiʿat al-Aqṣā, ont été confrontés à des coupures d’électricité fréquentes, à une dépendance aux générateurs et à des difficultés d’approvisionnement en équipements scientifiques. Ces contraintes affectaient directement la continuité pédagogique et la maintenance des infrastructures.

Même sans destruction ciblée majeure documentée de l’université elle-même, les différents épisodes de bombardements israéliens ont eu des effets structurels sur son fonctionnement :

2008-2009 : Interruption des activités académiques et perturbation du système éducatif global de Gaza[5].

2012 : Désorganisation du calendrier universitaire.

2014 : Pression sur les infrastructures éducatives et accueil temporaire de populations déplacées dans certains espaces institutionnels.

2021 : Fermetures temporaires et interruptions de l’enseignement en présentiel⁸.

Description du site après le 7 octobre 2023

À partir d’octobre 2023, l’université al-Aqṣā entre dans une phase de dégradation accélérée dans le contexte de l’intensification des opérations militaires dans la bande de Gaza, lesquelles affectent l’ensemble des infrastructures civiles, y compris les établissements d’enseignement supérieur.

Dès le mois d’octobre 2023, les premières frappes aériennes sur la ville de Gaza entraînent des dommages indirects sur les infrastructures universitaires de l’université al-Aqṣā, notamment en raison des destructions dans les zones résidentielles et institutionnelles adjacentes au campus. Ces effets incluent des vibrations structurelles, des ruptures de services essentiels et des restrictions d’accès au site.

Au cours du mois de décembre 2023, plusieurs bâtiments de l’université commencent à présenter des dommages structurels significatifs. Le 31 décembre 2023, 20 Palestiniens sont tués à l’issue d’un bombardement sur l’université[6].

En janvier 2024, le campus cesse progressivement de fonctionner comme espace universitaire opérationnel. Une partie des bâtiments est réutilisée de manière temporaire comme espace d’accueil pour des populations déplacées, dans un contexte de crise humanitaire généralisée[7]. Le 24 janvier 2024, les forces d’occupation israélienne chassent les familles palestiniennes ayant pris refuge dans l’enceinte de l’université[8]. Le samedi 10 février 2024, l’armée israélienne bombarde et détruit deux bâtiments[9].

Selon le journal en ligne du 22 octobre 2025 Andalou Agency, l’université continue d’accueillir des Palestiniens déplacés malgré les importants dégâts qu’elle a subis et le cessez-le-feu qui permet aux habitants de regagner leurs foyers et les zones qu’ils ont dû quitter[10]. Le domaine universitaire de Gaza, comme en témoigne la photo prise en octobre 2025 (voir fig. ci-dessous), s’est transformé en un véritable et énième camp de réfugiés dans une région ayant déjà accueilli en 1948 des dizaines de milliers de Palestiniens, chassés de leurs foyers par les milices sionistes[11].

Face à la destruction des infrastructures, des dispositifs d’enseignement à distance (taʿlīm ʿan buʿd, تعليم عن بعد) ont été mis en place, mais leur efficacité demeure limitée par les coupures d’électricité, l’effondrement des infrastructures numériques et les déplacements massifs de population.

Plus généralement, et c’est une initiative destinée à l’ensemble des universités palestiniennes, l’UNESCO et les autorités palestiniennes ont engagé des programmes d’évaluation des dommages (taqyīm al-aḍrār, تقييم الأضرار), de soutien à l’enseignement à distance ainsi qu’une planification de reconstruction du système universitaire[12].

Sources bibliographiques

Sources iconographiques avant le 7 octobre 2023

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Logo de l’université Al-Aqsa.

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Campus avant 2023. Source : Palestine Studies.

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Le département des sciences de laboratoire médical est l’un des départements scientifiques les plus prestigieux et les plus modernes de l’université Al-Aqsa, 31 mai 2023. Source : site de l’université.

Sources iconographiques après le 7 octobre 2023

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Le complexe d’Al-Asqa reconverti en camp de réfugiés. Photo publiée par le média en ligne Andalou Agency le 22 octobre 2025 sur leur page officielle Instagram.

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 L’université Al-Aqsa, à Khan Younis, est l’un des nombreux lieux de Khan Younis ayant subi des dommages considérables. © Photo : Amer RUWAIDA.

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Vue de la destruction de l’université Al-Aqsa, 10 février 2024. © Photo : compte Instagram @omarelqattaa.


[1] Site officiel de l’université d’Al Aqsa.

[2] Ibid.

[3] « Overview », site officiel de l’université.

[4] Sur le nombre d’étudiants gazaouis à la veille du 7 octobre, voir : site officiel de l’université.

[5] Le blocus de Gaza entraîne des restrictions majeures sur les importations, l’énergie et les infrastructures éducatives, affectant directement le fonctionnement des universités.

[6] « Al-Aqsa University », Palestine Studies.

[7] « Academic Freedom Monitoring Project », Scholars at Risk Network.  

[8] « Al-Aqsa University », Palestine Studies.

[9] H. Nadeem, « Israeli army destroys 2 buildings of Al-Aqsa University in Gaza City », Andalou Agency, 6 février 2024.

[10] Publication sur leur page officielle Instagram du 22 octobre 2025. Le média a publié une autre publication le 22 octobre 2025 montrant en vidéo le site de l’université complétement détruit et reconverti en camp de réfugiés. Publication du 22 octobre 2025 https://www.instagram.com/p/DQGxSJEk415/

Lien pour visualiser la vidéo du domaine universitaire publié le 21 octobre 2025 : https://www.instagram.com/reel/DQEUAWojgYc/

[11] Gerald Butt, Gaza au carrefour de l’histoire, Paris, Erick Bonnier Éditions, 2011, p. 197.

[12] L’UNESCO a mis en place des dispositifs de continuité éducative incluant des plateformes numériques et des espaces d’apprentissage temporaires pour les étudiants de Gaza. Source : UNESCO Gaza Virtual Campus initiative.

Gaza Histoire vous propose de citer ce billet de la manière suivante :

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