Église Saint-Porphyre

Publié le 28 mai 2026 — Mis à jour le 9 octobre 2026

Église grecque orthodoxe

  • Arabe : بُرْفِيرْيُوس  كنيسة القديس
  • Translittération : Kanīsat al-Qiddīs Burfīryūs
  • Autres dénominations : Kanīsat al-Rūm

Localisation

Coordonnées (WGS84) : 31°30’14.4″N, 34°27’43.9″E

Église saint porphyre 2023

Localisation de l’Église Saint-Porphyre (Image satellite du 01/11/2023 – ESRI World Imagery).

Localiser le site n°32 sur la carte interactive.

Description du site avant le 7 octobre 2023

Il s’agit de l’église de la communauté de rite grec orthodoxe de Gaza. L’édifice actuel a été construit durant la période croisée, sans doute vers 1150-1160[1], et a subi un certain nombre d’altérations, notamment lors d’une restauration intervenue en 1856[2]. Le sol de l’église se trouve à un niveau inférieur à celui des bâtiments environnants, ce qui suggère qu’elle a pu être construite sur le site d’un édifice plus ancien, qui pourrait être une église antérieure[3].

La construction englobe des éléments architecturaux antiques en remploi, visibles à l’extérieur comme à l’intérieur de l’église[4]. Le plan est celui d’une église à nef unique, à deux travées et chevet en abside[5].

On y vénère une tombe sainte, censée être celle de Porphyre. Ce personnage, dont l’historicité n’est pas assurée, aurait été évêque de la cité de 395 à 420 et aurait joué un rôle majeur dans la christianisation de Gaza d’après son hagiographe[6]. Le tombeau porte une inscription grecque l’attribuant au saint. Cette inscription n’est pas antérieure à 1890[7]. Il en est de même de l’inscription du portail, qui indique que l’église, fondée en 425, a été restaurée en 1856. La date de 425 est à la fois fictive, dans la mesure où elle a été calculée pour faire remonter à l’épiscopat de Porphyre l’origine de l’église, qui n’a rien d’antique en réalité, et erronée, dans la mesure où elle repose sur une erreur de calcul de la part de l’auteur du texte inscrit[8]. D’après D. Pringle, l’église fut placée sous le vocable de Porphyre dès le XIIe siècle. Toutefois, au XVe siècle en tout cas, elle était (aussi ?) dédicacée à la Vierge[9]. Grégoire et Kugener signalent que, d’après F.-M. Abel, l’église de Gaza rappelait au XVIIe siècle un repos de la Sainte Famille. Le nom même d’église Saint-Porphyre ne semble pas attesté avant 1928, du moins dans la littérature savante en langue occidentale[10]. L’analyse des informations concernant le bombardement montre que l’église est de nos jours un élément d’un complexe plus vaste dont l’histoire architecturale et la valeur patrimoniale sont encore à établir.

Description du site après le 7 octobre 2023

Le 19 octobre 2023 l’église avait déjà été endommagée – et sans doute restaurée comme le montrent les photographies prises en 2016 et 2022 – par un bombardement ciblant d’après les forces armées israéliennes un centre de commandement du Hamas situé à proximité en 2014[11]. Les forces armées israéliennes ont reconnu avoir touché un mur de l’église[12].

Toutefois, après cette frappe, le bâtiment de l’église lui-même semble intact (du moins les murs que l’on reconnaît sur les photographies et vidéos disponibles ne semblent pas endommagés) : tout se passe comme si les destructions avaient concerné les abords, ou des bâtiments annexes. Un article du Washington Post mentionne des destructions de « two church halls », et d’une « annexe». On trouve les mêmes informations dans l’article de Hamdane Taha[13]. La fiche Wikipédia consacrée au bombardement parle d’un immeuble de deux étages touché par le bombardement, et de l’effondrement d’un bâtiment adjacent appartenant au complexe religieux. Il faut distinguer le bâtiment ecclésial à proprement parler et le complexe plus vaste auquel il appartient. On ignore aussi l’effet des bombardements et des combats ayant eu lieu depuis le 19 octobre.

Sources bibliographiques

  • Clermont-Ganneau Charles, Archaeological Researches in Palestine during the Years 1873-1874, II,  Londres, 1896.
  • Grégoire Henri, Kugener Marc-Antoine (édition, traduction, commentaire), Marc le Diacre, Vie de Porphyre, évêque de Gaza, Paris, Les Belles Lettres, 1930.
  • Lampadaridi Anna, La conversion de Gaza au christianisme. La vie de S. Porphyre de Gaza par Marc le Diacre (BHG 1570), Bruxelles, Société des Bollandistes, 2016.
  • Meyer Martin A., History of the City of Gaza from the Earliest Times to the Present Day, New York, CUP, 1907.
  • Pringle Denys, The Churches of the Crusader Kingdom of Jerusalem: a Corpus, I. A-K (excluding Acre and Jerusalem), with drawings by P. E. Leach, Cambridge, Cambridge University Press, 1993. Liens vers Pringle 1993, Clermont-Ganneau, 1896, et Meyer, 1907 : https://en.wikipedia.org/wiki/Church_of_Saint_Porphyrius

Sources iconographiques avant le 7 octobre 2023

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Plan du site, dans D.Pringle, The Churches of the Crusader Kingdom of Jerusalem…, 1993, p. 217-218.

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Vue intérieure de l’église, dans W. Hunter, « The archaeological sites at risk of being wiped out in the Israeli-Palestinian conflict – from the oldest Christian Church in Gaza to an ‘unprecedented’ Roman necropolis containing at least 130 tombs », Daily Mail, 22 octobre 2023.

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Vue extérieure. Photographie prise en 2022. Façade sud, détail. La porte est issue de la transformation d’une ancienne fenêtre, elle donne accès à une galerie d’étage surplombant la nef. © Wikimedia Commons/Dan Palraz.

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Vue extérieure. © Wikimedia Common/Rahimabaid, photographie prise en 2016.

Sources iconographiques après le 7 octobre 2023

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Un missile ayant frappé l’église, provoquant la mort de plusieurs personnes qui s’y étaient réfugiées ainsi que l’effondrement d’un bâtiment voisin, dans W. Hunter, « The archaeological sites at risk of being wiped out in the Israeli-Palestinian conflict – from the oldest Christian Church in Gaza to an ‘unprecedented’ Roman necropolis containing at least 130 tombs », Daily Mail, 22 octobre 2023.

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Hamdane Taha, dans Policy Paper, Institute for Palestinian Studies, 31, janvier 2024, p. 12.

Sources vidéo

Vue 360° de l’intérieur de l’église, août 2016. © Google Maps.


[1] D. Pringle, The Churches of the Crusader Kingdom of Jerusalem…, Cambridge, Cambridge University Press, 1993. p. 216.

[2] Ibid., p. 216-219.

[3] Ibid., p. 216 ; voir déjà, en ce sens, C. Clermont-Ganneau, Archaeological Researches in Palestine during the Years 1873-1874, II, Londres, 1896, p. 381 ; M. A. Meyer, History of the City of Gaza from the Earliest Times to the Present Day, New York, CUP, 1907, p. 111.

[4] D. Pringle, The Churches of the Crusader Kingdom of Jerusalem…, op. cit., p. 217.

[5] Pour une description architecturale détaillée, D. Pringle, The Churches of the Crusader Kingdom of Jerusalem…, op. cit., p. 217-219, fig. 64-65, pl. CLVIII-CLXIV.

[6] H. Grégoire, M.-A. Kugener, Vie de Porphyre, évêque de Gaza…, Paris, Les Belles Lettres, 1930 ; A. Lampadaridi, La conversion de Gaza au christianisme. La vie de S. Porphyre de Gaza par Marc le Diacre (BHG 1570), Bruxelles, Société des Bollandistes, 2016.

[7] H. Grégoire, M.-A. Kugener, Vie de Porphyre, évêque de Gaza…, op. cit., p. 146.

[8] Ibid., p. 146-147.

[9] D. Pringle, The Churches of the Crusader Kingdom of Jerusalem…, op. cit., p. 216.

[10] H. Grégoire, M.-A. Kugener, Vie de Porphyre, évêque de Gaza…, op. cit., p. 147.

[11] https://en.wikipedia.org/wiki/Church_of_Saint_Porphyrius ; (sources : communiqué du patriarcat de Jérusalem ; communiqué de l’ordre de Saint-Georges ; wikipedia (avec les références aux articles de presse) ; voir aussi « À Gaza, le Hamas fait état de morts dans l’enceinte d’une église après un raid israélien [archive] », Le HuffPost, 20 octobre 2023. Jacques Pezet, « Que sait-on de la frappe sur l’église orthodoxe Saint-Porphyre de Gaza ? », sur Liberation.fr, 20 octobre 2023)

[12] Washingtonpost.

[13] Policy Paper, Institute for Palestinian Studies, 31, janvier 2024, p. 12.

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